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Mon SDNL interprété en termes de réseau

Introduction à une contribution pour l’atelier L, pour le sous-atelier " Réseaux " (Association Espaces Marx, novembre 2006)


Comme le dit Janine dans le texte joint à sa lettre, " je pense que les luttes sociales, politiques, actuelles, en France et dans le monde, émergent de plus en plus de réseaux fonctionnels dynamiques globaux, et ne peuvent que bénéficier d’une compréhension issue des connaissances actuelles sur les réseaux ".

En réponse à Janine, qui analyse dans son texte le livre de Hugues Bersini Des réseaux et des sciences (voir bibliographie), je propose l’étude d’un "réseau fonctionnel dynamique (et métadynamique) global", qui pourrait nous servir d’exemple.



Quelques remarques pour préciser :

1) Dans cet exemple, le réseau se constitue progressivement sous nos yeux, sur l’écran d’un ordinateur. Les connections entre les nœuds arrivent progressivement, de façon aléatoire. Alors des propriétés collectives nouvelles émergent. Les nœuds sont appelés " grands ronds ", et les arrivées de connections sont appelées de façon imagée " gouttes de colle volatile ". Les grands ronds se comportent comme les molécules d’un gaz (ils rebondissent sur les parois et entre eux). Les gouttes de colle volatile tombent d’en haut comme une pluie, et sont absorbées par les grands ronds qu’elles rencontrent (elles les rendent collants). La propriété émergente la plus spectaculaire est une auto-organisation progressive des " grands ronds " qui se collent entre eux, une auto-organisation adaptée à la capture la plus efficace possible des gouttes de colle (un ordre efficace apparaît). La propriété est dite " émergente " parce qu’elle n’est pas programmée dans les grands ronds ni ailleurs, elle émerge du fonctionnement d’ensemble du réseau.

2) On peut étudier des boucles d’interactions positives et négatives qui apparaissent progressivement, et qui expliquent le fonctionnement à court terme du réseau.

3) Le réseau étudié est " dynamique complexe " selon les termes de Bersini ( " complexe " car les nœuds influent les uns sur les autres de façon non linéaire). Et, lorsqu’il est soumis à une perturbation, il réagit en fonction de son histoire passée, et pas seulement en fonction de la perturbation.

4) Dans cet exemple de réseau, on prête surtout attention à la " transition de phase " entre le désordre complet au début des expériences, et l’ordre final efficace achevé. La transition n’apparaît pas instantanée. On est quand même dans le cas général du " saut qualitatif ". Il semble bien que la science récente puisse ici enrichir la dialectique de Hegel et de Marx, une dialectique bien utile et même nécessaire pour " commencer à bien comprendre ".

5) En utilisant les termes très pertinents de Bersini, le réseau proposé connaît une " métadynamique " intense. En effet, ici les connections et les structures de nœuds collés ont des existences fugitives. Chez Stuart Kauffman, par exemple, toutes les connections sont en place dès le début des expériences, seuls les signes plus ou moins des interactions peuvent changer. La métadynamique rend compte du fonctionnement à long terme, elle n’exclue pas la dynamique.

6) Evidemment le réseau que je propose a des spécificités. Les "grands ronds" sont mobiles, au moins au début, cela ne les empêche nullement de se mettre en réseau. Les grands ronds se collent et se rassemblent en structures plus ou moins éphémères, lesquelles ont le rôle principal, on pourrait les appeler sans-doute "connecteurs", en suivant Bersini, bien qu'elles ne soient pas hiérarchisées. Comme je l'écris dans le paragraphe précédent, le système est à la fois, me semble-t-il complexe et métadynamique.

7) Mon texte joint fait un usage intensif du terme " métaphore ", inspiré par les interventions classées dans le sous-atelier du même nom. On pourrait me semble-t-il l’utiliser avec intérêt dans le sous-atelier " Réseau ", pour parler avec pertinence des émergences inattendues (c’est à dire " qui nous étonnent "), dans le cas des " réseaux fonctionnels dynamiques et métadynamiques globaux " (les réseaux qui ressemblent le plus à nous, nous humains, nous militants).

8) Le réseau dont je propose l’étude est " émergent ", non " hiérarchique ", il se prête bien aux réflexions autocritiques, souvent anxieuses, sur le fonctionnement des collectifs " antilibéraux ", " altermondialistes ", qui émergent actuellement en France et dans le monde entier, comme nouvelles façons de faire de la politique. J’ai développé plusieurs applications logicielles de ce réseau pour affiner ces réflexions. Plusieurs de ces applications répondent directement au titre général de l’atelier L " Quelles méthodologies pour penser efficacement la transformation révolutionnaire de la société ; quels types de conceptualisation, et quels emprunts faire auprès de la pensée scientifique actuelle ? ".


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