Textes de Janine Guespin

" Par son travail créateur, elle m'aide dans mon propre travail,
et j'espère réciproquement " - signé Philippe

1) Première réunion de l'Arc - 5/2/2008 (extraits)

En quoi et pourquoi ce texte illustre mon propos : voir les commentaires ci-dessous, qui sont des extraits de ma page "QUELS RAPPORTS ENTRE LES DEUX PARTIES DU SITE ? "

Cette réunion et la suivante sont des exemples concrets de réalisation des idées de Lucien, Janine, Roland, Philippe (dans l'ordre des signataires d'un livre sur la "Complexité" écrit ensemble en 2005), et de bien d'autres personnes. Exemples concrets : voilà ce qui fait leur valeur, on peut s'appuyer dessus, ma théorie peut s'appuyer dessus.

Les commentaires en rouge de Philippe suivent les paragraphes en noir de Janine.

(ARC : Un espace de réflexion collective permettant d’enrichir et structurer l’activité militante personnelle. Un espace expérimental ... Un espace pour rebondir, pour contribuer à faire émerger des idées nouvelles ... rattaché à l'IRM après quelques réunions)

Janine G fait une remarque préalable sur les difficultés liées à l’hétérogénéité du groupe que nous formons par rapport au communisme et propose que nous les abordions d’entrée de jeu :

- nous avons chacun une série personnelle de caractéristiques du communisme et des communistes. Faisons en l’inventaire.

- nous avons tous des objectifs et des attentes sensiblement différentes concernant l’ARC. Qu’un tour de table soit organisé pour que chacun puisse donner son avis sur ce sujet. Qu’il n’y ait pas de non-dits.

Le mode de fonctionnement de notre groupe doit correspondre à son objectif. En particulier il ne doit pas reposer sur des votes, mais sur le consensus (dont il faudra d’ailleurs approfondir la signification)Boris C, étudiant en 5ème année de médecine, adhérent depuis 1 an au PCF, a baigné dans une famille communiste :

Le PCF a structuré toute la société jusqu’à une période récente. Peut-il continuer encore à tenir ce rôle aujourd’hui ? Le communisme n’est-il pas un projet qui déborde largement le Parti ? Le mode de fonctionnement que nous devons adopter ici, doit être libre et ouvert tout en restant très clair sur notre objectif.

Le fonctionnement social est la résultante du fonctionnement des individus autogestionnaires "règles émergentes efficaces"   Les lois de la population d'agents résultent des interactions entre agents. Elles ne se déduisent pas mécaniquement des lois initiales. Elles sont dites "lois émergentes efficaces"

Les idées-guides plus efficaces à long terme sont retenues préférentiellement par les sociétés "règles émergentes efficaces". Les grands ronds plus efficaces sont retenus préférentiellement par les structures "loi émergente efficace"

Des règles émergentes réciproquement efficaces apparaissent entre les émergences individuelle et sociale. Des lois émergentes réciproquement efficaces apparaissent entre deux émergences consécutives. Le fonctionnement du système montre que cela est très possible, et même "thermodynamiquement normal "

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Roland C, communiste, prenant sa retraite professionnelle bientôt, donc disponible pour une activité non-contrainte d’ici peu :

Le communisme est déjà une réalité à promouvoir ici et maintenant pour peu qu’on sache utiliser les potentialités émancipatrices des outils du 21ème siècle. La pratique politique révolutionnaire mise en place ne fonctionne plus efficacement. Il manque quelque chose (l’ARC ?) qui permette de résoudre la contradiction suivante : fonctionner en mode délégation de pouvoir et que chacun garde la maîtrise des initiatives favorisant l’émancipation humaine. L’ARC doit être un espace de liberté pour les réflexions et pour les incitations à l’action.

Didier C, militant actif du PCF depuis 32 ans :

On est à la croisée des chemins pour le PCF et pour le communisme (le PCF n’étant qu’un outil pour mettre en oeuvre le communisme). Pour moi, le communisme est synonyme d’émancipation humaine, de luttes contre les injustices, de développement de la démocratie, de dépassement du capitalisme. Ce n’est pas le grand soir. C’est un processus de conquêtes que le PCF doit promouvoir aussi bien au niveau des institutions que de la société. Il est nécessaire de trouver des espaces de réflexions libres de manière à bousculer les pratiques du PCF. Moi aussi j’ai mal au PCF. Mais je pense fortement que nous avons la faculté de rebondir.

Philippe G, militant communiste le plus ancien de notre groupe :

La déconfiture du PCF remonte en dernière analyse à Marx et Engels. S’il n’y a rien à retirer aux outils d’analyse qu’ils ont forgés, il y a par contre à ajouter. Parmi les grands noms qui ont forgé le communisme, après Marx et Engels on peut citer Lénine, qui a inventé notamment la forme Parti, avec le centralisme démocratique - Mao Tsé Toung, qui à mon sens a été mal jugé par le PCF, il fut un grand éducateur - Gramsci qui, plus près de nous, a (re)découvert la valeur de la personne, de la pratique liée à l’élaboration théorique (il faut sortir de « dirigeants/dirigés »), de la révolution comme processus.

  Le communisme marxien peut être défini comme étant « les producteurs librement associés ». Mais Marx n’a pas connu bien sûr, le stalinisme et n’a donc pas pu faire l’analyse de la bureaucratie comme il a fait celle du capital : comme l’analyse d’un phénomène naturel contre lequel il faut lutter. C’est ce qu’il nous faut ajouter.

  Pour être communiste, il faut 1) douter de tout  2) étudier  3) agir (jusque là, c’est ce qu’enseigne classiquement le matérialisme dialectique, le communisme de Marx).

  Et il faut maintenant rajouter 4) que chacun soit responsable et créateur, collectivement et aussi personnellement 5) non seulement pour soi, mais aussi pour l’autre, avec l’autre, par rapport au monde vécu par l’autre : c’est ce qui doit remplacer l’anti-stalinisme vulgaire « c’est la faute à Staline ».

 6) savoir utiliser la théorie de la complexité (seuils, bifurcations, non-linéarité, émergences …)

Janine G, adhérente de longue date au PCF également :

Le communisme est la seule réponse aux méfaits du capitalisme. C’est un processus qui a déjà commencé. Il est à la fois potentiellement complètement partagé par la majorité de la population et mis complètement sous l’éteignoir du capitalisme. Le PCF a certes dévié de ce processus mais il n’en reste pas moins qu’il est le lieu où se retrouve la plus grande densité de personnes qui se reconnaissent dans le communisme.

Le communisme c’est un ensemble de valeurs fondamentales que les communistes ont en partage. Cependant la question de la prise de pouvoir donne lieu à divergence parmi les communistes : le pouvoir est à conquérir dans les élections (stratégie officielle du PCF), les pouvoirs sont à prendre dès maintenant au cœur même du développement social pour les redonner à chacun (pour d’autres communistes). L’ARC pourrait être le lieu où on essaie de résoudre cette contradiction de stratégies de court ou de long terme.

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2) Après la deuxième réunion de l’ARC (texte intégral)

15 personnes ont participé, à la première réunion (08 février) (11 communistes ‘encartés’ dont : 2 jeunes adhérents au PCF (et jeunes), 6 retraités  (et adhérents depuis très longtemps), 4 non ‘encartés’ dont deux ex-adhérentes, et une jeune. 9 venaient de Rouen, 3 de St Valéry, 2 du Houlme, 1 de Bihorel. 21 personnes étaient présentes à la deuxième réunion, (18 mars 2008)  (mais seulement 3 ‘non encartées’)

On a donc l’amorce d’une diversité d’opinions, de générations, d’expériences, que les participants se sont engagés à tenter d’élargir, surtout vers les communistes  ‘non encartés’.

Lors des deux premières réunions, nous avons confronté nos idées.  J’ai tenté de rassembler ici ces idées en les groupant par thème (et en utilisant le compte rendu de Roland). En dépit des évidentes simplifications (voire des erreurs)  que cela entraîne, cela permet je pense de voir les différences, voire les divergences, et devrait permettre de dégager des pistes pour la suite.

Concernant ce que les participants attendent de l’ARC (Le 8-02)

Un espace de réflexion collective permettant d’enrichir et structurer l’activité militante personnelle.

                        Besoin de se repositionner vis à vis du communisme, de redonner sens à ce mot aujourd’hui. Faire revivre la pensée communiste, au regard du monde et pas de la seule France.

                        Besoin de donner sens aux mots employés : matérialisme, émancipation, transformation sociale…

                        Besoin de connaître

                        Repenser la gauche, le parti communiste ; tenter de comprendre les raisons des échecs et des dysfonctionnements.

Besoin de donner sens à l’action citoyenne ;

Besoin de renforcer la bataille idéologique contre la toute puissance des idées capitalistes.

Un espace expérimental permettant d’inventer et de  mettre en oeuvre une organisation de forme communiste.

                        Lutter contre la délégation de pouvoir pour aller vers une véritable émancipation.

Nécessité de découvrir le consensus (au sens vrai)

                        Se donner un thème pour chaque réunion ;

                        Prendre le temps de réfléchir, sans forcément chercher à se mettre d’accord.

Apprendre à utiliser tous les outils modernes (complexité notamment) y compris les concepts employés par le capitalisme  s’ils nous sont utiles.

Un espace pour rebondir, pour contribuer à faire émerger des idées nouvelles.

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Concernant le communisme,

                        Un très beau mot, qui implique le partage, et qu’il faut faire partager.( Le 8-02)

                        Une idée neuve car elle n’a jamais été expérimentée nulle part. (8-02),  le communisme défini par Marx est toujours pertinent ! En fait, il n’a jamais existé nulle part  18-03)

Un idéal, l’aspiration des gens à vivre mieux (mais aussi, paradoxalement, un refus chez ces gens de trouver dans le communisme la possibilité de réaliser cette aspiration)

Le communisme n’est pas un idéal, une utopie mais c’est un mouvement réel dépassant, ici et maintenant,  les grandes aliénations historique de l’humanité (18-03)

Le communisme ne peut se développer que dans des conditions d’abondance des biens. Il faut donc s’appuyer sur le progrès des connaissances scientifiques et techniques et l’orienter vers l’émancipation humaine. Le mouvement communiste n’est pas compatible avec la décroissance. (18-03)

Je pense qu’un véritable mouvement communiste c’est celui qui est capable de toucher l’inconscient des gens, leurs espoirs les plus profonds (18-03)

Un processus qui est nécessaire pour remplacer l’ordre inhumain actuel. .(08-12)

Un processus qui a déjà commencé vers l’émancipation humaine. .(08-12)

Un processus de libération de l’être humain qui n’a jamais été aussi proche  d’aboutir. .(08-12)

Transformation sociale vers la justice et la démocratie.(08-12)

Dépassement du capitalisme. Par une prise de pouvoir.(08-12)

Le communisme c’est la république plus le respect des droits de l’Homme.( 18-03)

L’émancipation humaine, La justice sociale, La fin des inégalités.(08-02, et 18-03)

Les fondamentaux du communisme ont changé/doivent changer ; prendre en compte l’humain et la sauvegarde de la planète et de l’environnement. .(08-02)

 Le marxisme doit être complété par la prise en  compte de la créativité des individus. (08-02)

Quelque chose de nouveau en rupture  radicale avec l’ensemble des autres organisations humaines qui sont des structures verticales, avec des centres organisateurs et qui conduisent à la société de classe que l’on connaît bien et à l’aliénation complète de l’être humain (18-03)

Qu’est-ce qu’être communiste au 21e siècle ? (08-02)

                        Agir dans le sens du communisme.

                        N’être ni contaire pur, ni  fataliste

Savoir rebondir dans des conditions défavorables, ne pas se décourager

Lutter contre les injustices sociales et pour plus d’égalité.

Agir pour améliorer le PCF.

Lutter, y compris à l’intérieur de l’organisation contre la bureaucratie et développer la créativité, (l’action ascendante de la base vers le haut, comme moyen de lutter contre le fatalisme de la ‘pensée unique’).

Refonder l’identité communiste pour retrouver et refonder une espérance.

Etre convaincu que cette philosophie  (armée du  matérialisme et  de la dialectique) est ce qui sauvera l’humanité. La mieux connaître

Le parti communiste du 21e siècle

C’est le meilleur outil pour transformer le monde. (08-02, 18-03))

Il doit écouter ceux qui sont à côté.(08-02)

Il e bat contre la pauvreté.(18-03)

Il faut revisiter la notion de pouvoir et l’importance de la prise de pouvoir dans la stratégie communiste. (08-02 et 18-03)

Il faut qu’il s’appuie sur une théorie, et il faut se nourrir des avancées conceptuelles des sciences de la complexité, des notions d’émergence et d’auto organisation, et aussi de l’apport des historiens. (18-03)

Les individus autogestionnaires révolutionnaires ont besoin de bonnes "bases culturelles", c'est- à-dire d'une bonne théorie pour accompagner leurs pratiques - il leur appartient de se la fabriquer à partir de leurs expériences sociales "règles émergentes efficaces"

L'option "intelligence" seule multiplie l'efficacité plusieurs fois. - les deux options "intelligence" et "solidarité" ensemble sont encore plus efficaces - l'option solidarité seule diminue l'efficacité "lois émergentes efficaces"

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Réflexion théorique et en même temps mouvement de masse le plus large et démocratique (18-03)

Le mouvement communiste, tel que nous le proposons, introduit une véritable rupture dans la manière de faire de la politique : nous voulons, les gens veulent, militer de manière émancipée (18-03)

D’accord pour une structure horizontale mais cela entraîne un manque de coordination ! D’autre part l’organisation est nécessaire mais il faudrait supprimer les hiérarchies. En tous cas une organisation est absolument nécessaire (18-03)

D’accord pour réfléchir à un autre mode de militantisme, d’accord pour une organisation militante autre, mais il faut mettre sur pied une action ordonnée. Il y a nécessité absolue d’établir des règles démocratiques certes,  mais il y a aussi nécessité absolue d’être efficace car nous sommes dans l’urgence (18-03)

Toute société humaine est " à émergence contrôlée ". Il y a des boucles de rétroaction positives (non programmées) qui produisent l’émergence, et une boucle négative programmée qui contrôle l’amplitude de cette émergence émergence contrôlée par une recherche d'optimum stable

Le système est " à émergence contrôlée ". Il y a des boucles de rétroaction positives (non programmées) qui produisent l’émergence, et une boucle négative programmée qui contrôle l’amplitude de cette émergence - une loi émergente efficace - trois règles simulées de contrôle (homéostasie), non émergentes, résultats non expérimentaux

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Peut-être serait-il temps maintenant de s’émanciper du communisme, du parti communiste, de ses dirigeants (18-03)

Qu’est-ce que l’émancipation ? (18-03)

.                     L’émancipation c’est pouvoir faire des choix librement. Mais il y a des insuffisances personnelles qu’il faut pouvoir compenser par un outil organisationnel. Cet outil devrait avoir une structure de fonctionnement la plus horizontale possible

le but  d’un mouvement communiste doit être d’émanciper tous les individus. Il ne faut laisser personne dans un état d’infériorité.

La république  c’est le résultat d’un combat permanent pour l’émancipation humaine.

Aujourd’hui tout est possible. La grande question est d’y faire participer les gens. L’émancipation, c’est aussi la démocratie ! En fait l’espoir, et le désir d’émancipation, peuvent être partagés par beaucoup de gens mais il faut savoir les rencontrer et les convaincre.

le contraire de l’aliénation. Le but du communisme (08-02)

- Les trois niveaux sont ici : personnalité, société, humanité

- Une « personnalité » est une « émergence » au sens de « développement auto-organisationnel », dans son monde naturel et culturel. L'émergence se fait avec un individu.

- Une société humaine est une « émergence » au sens de « développement auto-organisationnel », dans son monde naturel et culturel. L'émergence se fait avec des individus qui deviennent des personnalités

- Relation entre émergence-personnalité et émergence-société : je postule qu'elle peut être profitable dans les deux sens. Le logiciel devrait montrer pourquoi, comment des règles émergentes réciproquement efficaces apparaissent entre les émergences individuelle et sociale

- Le fonctionnement du système montre que cela est très possible, et même "thermodynamiquement normal" : Des lois émergentes réciproquement efficaces apparaissent entre deux émergences consécutives

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La liberté s’adresse au collectif. L’émancipation, c’est quand l’être humain (l’individu dans ses rapports avec la société) s’approprie la liberté (18-03)

Il faut travailler politiquement pour faire émerger une véritable culture émancipatrice solidaire.

Il est nécessaire de confronter nos idées avec celles de Sagot Duvauroux, et pour cela d’étudier son livre qui est très riche. (18-03)

Quelques pistes

Il me semble que certains thèmes reviennent souvent, et avec des différences d’appréciations qui indiquent qu’une discussion pourrait être intéressante, et même nécessaire

Personnellement j’ai repéré les pistes de réflexion suivantes :

Qu’est-ce que l’émancipation ?

Science et communisme.

L’organisation nécessaire pour la lutte communiste ?

Le pouvoir (dans le parti, mais aussi comme but de la lutte pour le communisme).

Les différentes facettes de la lutte vers le communisme (émancipation, justice sociale, anticapitalisme) sont elles cohérentes, demandent elles les mêmes types d’action et d‘organisation ? (Ma question personnelle).

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3) Contribution à la réflexion sur la transformation du parti communiste français : une proposition (35e Congrès)

    Par Guespin Janine le 7 mai 2010

    Cette proposition s’inscrit dans le cadre des pistes de réflexions, pour des transformations qui, tout en maintenant la forme parti, permettent à tous les communistes d’apporter leur créativité à l’ensemble du parti, améliorant ainsi son efficacité. Elle s’appuie sur une étude que j’ai faite des résultats des changements de statut du PCF, mis en œuvre pour concrétiser l’abandon du centralisme démocratique.

    Les conclusions de cette étude sont que les modifications opérées ne sont pas parvenues à améliorer la démocratie participative et l’initiative individuelle dans le parti, mais ont en revanche entraîné une grande perte d’efficacité et de cohésion. Il n’y a pas eu non plus d’amélioration de la trop faible capacité à déceler rapidement les changements de la société et à y adapter notre stratégie. La raison essentielle de cet échec, est que la structure pyramidale (direction nationale, fédérations, sections), empêche par nature (et quels que soient les efforts pour y remédier) toute possibilité pour les expériences individuelles, même au niveau d’une section, de « remonter » et de diffuser suffisamment dans le parti. 

créativité = vitale pour efficacité

- le fonctionnement social est la résultante du fonctionnement des individus autogestionnaires "règles émergentes efficaces"

- sous certaines conditions, il peut y avoir progrès social "règles émergentes efficaces"sous certaines conditions (domaine de fonctionnement) il peut y avoir "optimisation "des structures "loi émergente efficace". Auto-organisation de structures de plus en plus efficaces ( = auto-adaptation)

- les individus autogestionnaires révolutionnaires ont besoin de bonnes "bases culturelles", c'est- à-dire d'une bonne théorie pour accompagner leurs pratiques - il leur appartient de se la fabriquer à partir de leurs expériences sociales "règles émergentes efficaces".

- Une « personnalité » est une « émergence » au sens de « développement auto-organisationnel », dans son monde naturel et culturel. L’émergence se fait avec un individu. - Une société humaine est une « émergence » au sens de « développement auto-organisationnel », dans son monde naturel et culturel. L’émergence se fait avec des individus qui deviennent des personnalités

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Pour autant, une organisation est indispensable et il ne semble pas réaliste de démanteler l’organisation territoriale actuelle. La proposition, consiste à conserver cette organisation, pour toutes les questions qui relèvent du découpage géographique sur lequel elle est calquée (les élections par exemple, et les problèmes de politique territoriale), et d’y ajouter une structuration thématique organisée en réseaux décentralisés, (régionaux et/ou nationaux) dotée de la même importance statutaire au sein du parti. La nécessaire articulation entre les deux se ferait essentiellement au niveau national et nécessiterait sans doute un rodage.

  cellules locales + réseaux par thème

Toute société humaine est " à émergence contrôlée ". Il y a des boucles de rétroaction positives (non programmées) qui produisent l’émergence, et une boucle négative programmée qui contrôle l’amplitude de cette émergence
émergence contrôlée par une recherche d'optimum stable

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Par exemple, les communistes d’entreprises menacées de délocalisation pourraient s’organiser en un réseau destiné, non à doubler les syndicats, mais à élaborer des perspectives d’alternative et de propositions politiques et économiques communistes, partant des situations concrètes de ces entreprises et qui concourraient au projet du parti, comme à la formation des communistes (qu’il faudrait réinventer et développer). Les relations entre les membres de ce réseau seraient directes, grâce à internet en particulier. Les responsables (ou animateurs) du réseau seraient issus du réseau lui même, et deviendraient membres des directions (nationale et éventuellement départementales) du parti, ce qui assurerait la cohérence politique. Ils seraient statutairement ’tournants’ et non permanents. Le parti pourrait mettre quelques collaborateurs rétribués (pas des décideurs ou dirigeants politiques) à la disposition des réseaux.

  les réseaux thématiques 1

Une « personnalité » est une « émergence » au sens de « développement auto-organisationnel », dans son monde naturel et culturel. L’émergence se fait avec un individu. - Une société humaine est une « émergence » au sens de « développement auto-organisationnel », dans son monde naturel et culturel. L’émergence se fait avec des individus qui deviennent des personnalités

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Les communistes pourraient adhérer à une section, à un réseau ou aux deux. Dans ce dernier cas ils pourraient militer localement à l’occasion des élections, mais aussi faire profiter les structures locales ou régionales des réflexions du réseau (et réciproquement), contribuant ainsi à la circulation des idées dans le parti. On voit toute la différence avec ce que l’on nomme réseaux en ce moment (comme le réseau école, ou écologie et communisme), organisés de façon centralisée, autour d’un membre de la direction, et chargés simplement d’élaborer des textes, (souvent confidentiels en dépit de la grande qualité des réflexions qui y sont produites) et n’ayant aucune structuration autonome, aucune existence et rôle statutaire.

    les réseaux thématiques 2

Le logiciel devrait montrer pourquoi, comment des règles émergentes réciproquement efficaces apparaissent entre les émergences individuelle et sociale - Le fonctionnement du système montre que cela est très possible, et même "thermodynamiquement normal" : Des lois émergentes réciproquement efficaces apparaissent entre deux émergences consécutives

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Une des difficultés de ces réseaux thématiques sera de ne pas doubler les syndicats mais d’ élaborer des perspectives d’alternative et de propositions politiques et économiques communistes. Il faudra pour cela notamment que le thème soit distinct des préoccupations syndicales. Les usines en voie de délocalisation ne correspondent pas à un découpage syndical ; l’école si (peut on penser à « éducation et citoyenneté » par exemple ?). Bien que statutaires et dotés des mêmes prérogatives et devoirs que les sections ou les fédérations, les réseaux pourraient être temporaires (puisque les responsables ne seraient pas des permanents), si les exigences auxquels ils répondent disparaissent.

    Cette proposition permettrait :

    La mise en œuvre d’une manière de faire de la politique communiste autrement, avec une cohérence nationale, mais non subordonnée aux échéances électorales, et émanant véritablement de la base et non dirigée par le haut. Ceci mettrait les militants au cœur du parti et non plus à sa périphérie en permettant la confrontation des opinions, informations expériences, et leur large diffusion dans tout le parti, hors de tendances. Cela permettrait un développement des capacités créatives des militants, dont les initiatives seraient directement utiles.

  créativité

Une « personnalité » est une « émergence » au sens de « développement auto-organisationnel », dans son monde naturel et culturel. L’émergence se fait avec un individu.
Une société humaine est une « émergence » au sens de « développement auto-organisationnel », dans son monde naturel et culturel. L’émergence se fait avec des individus qui deviennent des personnalités

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La construction d’une théorie et politique communiste (ou projet), basée sur les valeurs du communisme communes à tous les adhérents. Elle se ferait en articulant les perceptions et analyses des modifications de la société sur le terrain, et une approche globale rendue possible par une direction politique nationale regroupant toutes les compétences et sensibilités. Ce projet élaboré en commun, assurerait la cohérence entre toutes les organisations, thématiques et territoriales.

  créativité et projet

Les sociétés sont rendues plus efficaces par les idées-guides à long terme, elles favorisent ces idées-guides à long terme : "règles émergentes efficaces"
Les idées-guides plus efficaces à long terme sont retenues préférentiellement par les sociétés

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L’articulation des mouvements sociaux et de la politique, qui est devenue une des nécessités politiques actuelles, serait facilitée par l’élaboration de propositions politiques concrètes sur des sujets qui intéressent spécifiquement les mouvements sociaux. Ces réseaux pourraient peut être même devenir le lieu où se ferait une telle articulation.

    Enfin ces réseaux constitueraient une expérience dont les succès (et les échecs) serviraient à la poursuite de la transformation du parti au plus près des besoins liés à ses objectifs politiques. Cette proposition concerne la structuration et le fonctionnement du parti. Elle n’est pas destinée à résoudre tous les problèmes, mais à permettre un nouveau souffle, pour contribuer à les résoudre.

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4) Les bactéries, leur monde et nous

Editions DUNOD - LA RECHERCHE, collection UniverSciences

Janine Guespin - avril 2011

  Présentation (extraits)

Comme point de départ de cet ouvrage, on propose une conception de la membrane cellulaire qui diffère de celle généralement admise, telle qu'elle figure dans les manuels. Le regard se déplace, et passe de la cellule (dans son milieu), à la dynamique entre la cellule et son milieu, c'est à dire à la dialectique entre l'intérieur et l'extérieur ...

Le but de cet essai va être d'explorer, dans le cas particulier des bactéries, les conséquences de ce changement de point de vue, en réexaminant les connaissances acquises par la microbiologie. Contribuera-t-il à faire émerger une microbiologie intégrative et dynamique?

- Sur deux écrans qui alternent sur l'ordinateur, on voit l'une ou l'autre de deux émergences

- Un seul grand rond, ingrédient actif de la deuxième émergence, correspond à l'ensemble de la première émergence : il permet de suivre les interactions entre les deux émergences

- Le mode de couplage aller-retour entre ce grand rond de la deuxième émergence, et la première émergence toute entière est pour une part arbitraire, l'idée étant "selon que cela va mieux ou moins bien pour l'une, il doit en être de même pour l'autre"

- Relation entre les deux émergences : je postule qu'elle peut être profitable dans les deux sens. Le logiciel devrait montrer pourquoi, comment

- Le fonctionnement du système montre que cela est très possible, et même "thermodynamiquement normal" : des lois émergentes réciproquement efficaces apparaissent entre les deux émergences consécutives

( Prière de garder les commentaires ci-dessus en mémoire, il n'y en aura pas d'autres, tant ils sont pertinents pour le texte de Janine en entier )

Comment un microbiologiste traditionnel, en panne d'avion dans le désert, aurait-il répondu à la question « S'il te plait, dessine moi une bactérie? »

Par ce rectangle, peut être (qui peut se voir aussi comme un cylindre dans l'espace) ?

 


Est-ce donc la cage qui contient une bactérie ? Selon le manuel de microbiologie de Brock, il s'agit bien d'une sorte de cage : « La membrane est une barrière qui sépare l'intérieur de l'extérieur» ou encore - « Elles (les bactéries) possèdent toutes une barrière appelée membrane cytoplasmique séparant le milieu intracellulaire du milieu extracellulaire [...]. C'est à travers la membrane cytoplasmique que les nutriments et autres composés nécessaires à son fonctionnement pénètrent dans la cellule, et que les déchets et les autres produits cellulaires vont en sortir. »

La visite que je propose de faire du monde bactérien s'appuie sur une autre définition de cette enveloppe (...) : « l'enveloppe est une structure qui délimite l'intérieur de la bactérie et réalise, entre cette cellule vivante et l'extérieur, les échanges sélectifs et réciproques nécessaires à son fonctionnement et à sa production ».

Il existe plusieurs différences majeures entre ces deux présentations, ou plutôt représentations, qui permettent de dégager deux points de vue différents : pour moi, l'enveloppe a deux rôles d'importance égale, tout à la fois délimiter l'intérieur, et réaliser les échanges, qui se font non pas seulement à travers elle, mais grâce à elle, et qui se font dans les deux sens. Ce n'est pas une cage avec sa porte, c'est une structure qui comprend des sortes de tapis roulants transportant certaines substances vers l'intérieur et d'autres vers l'extérieur (...). De plus, ce sont précisément ces échanges qui caractérisent la cellule vivante, une bactérie morte peut toujours être délimitée par son enveloppe, mais les échanges ont cessé. Enfin, ces échanges sont nécessaires au fonctionnement de la cellule, mais le fonctionnement de la cellule bactérienne, c'est essentiellement sa production (une bactérie fait...deux bactéries). Les échanges avec l'extérieur permettent donc de produire l'intérieur.

Une caractéristique importante de ces échanges est qu'ils sont réciproques. Le manuel indique bien que la cellule produit des substances vers l'extérieur, mais l'accent est mis sur l'idée que ce sont surtout des « déchets » (sans intérêt donc, sans rôle en tous cas) pour la cellule. Or ces « déchets » conduisent à une modification de l'environnement des bactéries qui les produisent, qui peut avoir une extrême importance pour les autres habitants de cet environnement, et qui a souvent des conséquences en retour, directes ou indirectes, mais non négligeables pour la bactérie émettrice elle même. L'importance de ces productions peut être illustrée par l'exemple de la formation d'O2 par les cyanobactéries qui ont, il a quelques 2 milliards d'années permis l'apparition de la respiration et de la vie telle que nous la connaissons, et qui contribuent encore au maintien de cette vie. Or, si l'O2 produite n'était pas utilisée par d'autres organismes, elle s'accumulerait au point de devenir toxique pour les bactéries productrices. Ce « déchet » donc, parce qu'il permet d'autres vies et d'autres métabolismes, est sans doute indirectement garant de la survie (et du succès) des bactéries productrices elles mêmes. Ce n'est de loin pas le seul exemple où la libération à l'extérieur du produit final d'un métabolisme, non seulement modifie considérablement l'environnement, mais le modifie d'une façon à rétroagir sur le producteur. Nous verrons avec les cycles de la matière que cette rétroaction implique souvent toute une série de modifications par d'autres organismes qui participent ainsi à constituer l'extérieur de chaque bactérie, ce qui nous amènera à voir les bactéries comme parties prenantes de réseaux plus ou moins vastes d'interactions.

... Je vous propose de changer de point de vue : Au lieu de partir de la cellule (dans son milieu), nous partirons des interactions entre la cellule et son milieu, et j'explorerai les conséquences de ce changement de point de vue, tant sur la perception que l'on peut avoir des bactéries, que sur la microbiologie elle même.

Mais tout ceci s'applique au monde vivant dans son ensemble. La membrane plasmique d'une cellule eucaryote partage l'essentiel de ses propriétés avec la membrane cytoplasmique des bactéries. L'extérieur d'une cellule animale, c'est le « milieu intérieur » de l'organisme. La visite que nous allons entreprendre du monde bactérien sera donc un exemple de ce que le changement de point de vue que je vous propose peut apporter à la biologie dans son ensemble. Elle s'appuiera sur des connaissances acquises (...). Ce qui change, avec le point de vue exploré, c'est l'importance relative accordée à la séparation versus aux interactions entre l'intérieur et l'extérieur. Mais plus fondamentalement, cela conduit à (et provient de) une conception différente de la cellule vivante, de la vie. Pour les manuels de microbiologie (et pour les manuels de biologie en général), ce qui caractérise la vie, c'est l'intérieur. Pour nous, ce sera tout à la fois la séparation d'un intérieur d'avec l'extérieur et les interactions réciproques entre l'intérieur et l'extérieur. Ce point de vue n'est pas intemporel. Comme l'écrit R. Lewontin, il est devenu possible, et même nécessaire, à l'étape actuelle de la production des connaissances. Aussi les bactéries seront étudiées ici non seulement pour elles-mêmes, mais comme un exemple d'être vivant.

Cette dialectique de l'interne et de l'externe dans la production de la vie va donc servir de fil directeur à la visite du monde bactérien qui est proposée ici, visite qui va différer sous maints rapports de celle proposée par les manuels. Il va donc s'agir d'une sorte « d'expérience de pensée », au cours de laquelle on abordera aussi les conséquences de ce changement de point de vue sur les recherches qu'il pourrait susciter, ou les enseignements qui lui seraient nécessaires.

 Cette visite va d'entrée de jeu entremêler des sous-disciplines différentes, et souvent séparées, de la microbiologie elle même (...). Ces distinctions disciplinaires ont été utiles, elles le restent encore sans doute, pour permettre des recherches pointues. Elles occultent cependant l'importance des interactions réciproques entre les bactéries et leur milieu extérieur (...).

Or ces interactions introduisent encore une autre dimension, celle de la dynamique des processus en jeu. Des molécules passent d'un compartiment à l'autre, sont transformées, et entraînent la transformation tout à la fois des bactéries et de leur extérieur. Ces transformations, qui se produisent à tous les niveaux, peuvent aboutir à des équilibres dynamiques, sous certaines conditions, ou au contraire se dérouler sans fin de manière chaotique, ou encore conduire à la disparition de certains éléments, voire de certaines espèces de bactéries. Ces transformations impliquent les bactéries elles mêmes, les bactéries dans leur milieu, et le milieu proprement dit. Là encore, les bactéries sont à la fois un cas particulier, et un exemple de ce que peut apporter à la biologie l'utilisation des concepts et des méthodes nécessaires pour prendre en compte ces aspects dynamiques. C'est pourquoi il devient nécessaire d'élargir encore l'interdisciplinarité, en allant chercher, hors de la microbiologie, ce que l'on nomme maintenant les sciences de la complexité. Ainsi la dynamique des systèmes non linéaires, étudiée en physique, ainsi que des méthodes de modélisation, où mathématiques ou informatique sont appelées à la rescousse, vont devoir devenir aussi des outils pour la biologie.

Les techniques de biologie moléculaire ont contribué, en étant utilisées dans toutes les sous-disciplines, à une certaine homogénéisation de la microbiologie. Mais ceci s'est fait au détriment d'une nécessaire vision dynamique des interactions. Cette lacune est plus ou moins marquée dans les autres disciplines de la biologie, mais elle est réelle presque partout, et les sciences de la vie vont devoir se transformer de sciences du statique, qui analysent l'être, en sciences du dynamique qui étudient les transformations. C'est à une telle modification de la microbiologie que ce livre souhaite aussi contribuer.

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Ces quatre exemples ne sont que des exemples ... Les commentaires en rouge ci-dessus n'engagent évidemment pas Janine Guespin comme personnalité scientifique.

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Note importante de Philippe - Lignières-Châtelain - août, septembre 2013

Rédigée pour faciliter nos élaborations communes

Fonctionnement de la nature (y compris êtres humains) :

- Selon Janine il a 3 modes :

- Selon Philippe il y a 2 modes :

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Note importante de Philippe - Vaudagne - octobre 2013

Janine m'a donné à lire son projet d'introduction pour un prochain livre sur le complexe : il m'a fait une impression énorme, que de connaissances, quelle synthèse, quelle clarté !

= Version 144, octobre 2013 : encouragements d'outre-tombe a Seve et Janine

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